dimanche 4 mars 2012

Méthodes de grammaire japonaise

Khatzumoto prétend qu'il n'y a pas de grammaire. Et d'une certaine manière, cela se comprend. Lorsqu'on s'immerge complètement dans une langue comme il le préconise, on finit par parler correctement de manière instinctive sans bien comprendre le pourquoi du comment, comme pour sa langue maternelle.
Malheureusement, il n'est pas toujours évident de tout faire, tout le temps, en japonais (notamment quand on a d'autres études, un boulot et/ou des enfants, et lorsqu'on veut pouvoir continuer à communiquer avec ses proches...). Si à force d'écoute certaines choses viennent toutes seules, d'autres demandent à être comprises pour être assimilées. Et puis, il y a des gens tordus, dont je fais partie, qui aiment bien décortiquer les choses. Pour tous ceux-là, une bonne grammaire peut donc être utile. Qu'avons-nous sous la main ?

Certaines méthodes donnent des notions de grammaire intéressantes, c'est le cas de Minna no nihongo et de Parlons Japonais, la seconde méthode ayant le mérite d'être bien moins onéreuse que la première, tout en restant plus difficile à utiliser de manière autonome pour un vrai débutant (aucun souci pour un faux débutant). Je reviendrai ultérieurement sur ces méthodes, car si les points de grammaire y sont bien traités, ce ne sont pas pour autant de vraies grammaires qui tiennent au corps.


Pour ceux qui ne sont pas fâchés avec l'anglais, il existe une série de trois dictionnaires de Seiichi Makino et Michio Tsutsui : A Dictionary of Basic Japanese Grammar, Dictionary of Intermediate Japanese Grammar et A Dictionary of Advanced Japanese Grammar. Le format est pratique, les notions de grammaire sont classées par ordre alphabétique, ce qui est commode, les introductions sont copieuses et intéressantes, ainsi que les annexes. Généralement, c'est assez clair et complet, et les exemples sont nombreux. Seul hic, ils sont un peu chers quand on les achète en France. J'ai acheté les miens à Okayama (ah ! souvenirs...) et seulement les deux premiers volumes, qui couvrent déjà pas mal de besoins.


Il existe des ressources en français, qui ont toutes l'inconvénient d'être un peu arides et d'utiliser du romaji pour sous-titrer le japonais. La première, ce sont les trois pavés publiés par Kunio Kuwae. Il y a le Manuel de japonais volume 1 et volume 2 ainsi que Pratique du japonais. Je pense que les deux manuels et la pratique se recoupent largement, et je n'ai utilisé que cette dernière, qui m'a servi de méthode d'apprentissage à mes débuts. L'avantage, c'est que c'est complet, progressif et qu'il y a vraiment des tonnes d'exemples (avec enregistrements), ce qui permet d'avoir beaucoup de phrases simples à sa disposition quand on commence à apprendre. Cela permet aussi d'acquérir 800 kanjis. Les exercices sont corrigés, on peut donc se débrouiller tout seul. L'inconvénient, outre que l'index est mal fait, c'est que c'est ennuyeux comme la pluie un dimanche d'automne, lorsque vous êtes coincé à la maison avec une tante grincheuse. Pas de dialogue, pas d'humour, pas le moindre petit dessin. Bref, je suis contente que cela m'ait mis le pied à l'étrier, mais si c'était à refaire, je crois que j'utiliserais plutôt Minna no nihongo, qui n'est pas le top du fun, mais paraît un poil plus vivant (l'un est aussi ruineux que l'autre, de toute façon). Cependant, les Kunio Kuwae sont sans doute plus approfondis. A chacun selon ses goûts.
Rectificatif : j'ai récemment mis la main sur les deux volumes du Manuel de japonais, qui me semble plus complet que la Pratique du japonais. Par ailleurs, si la méthode est un peu aride pour débuter, elle est excellente pour approfondir et passer à un niveau supérieur. Il est néanmoins impératif de la combiner avec quelque chose de plus vivant.


Dans la catégorie "plus rébarbatif tu meurs", il y a aussi la Grammaire japonaise systématique de Reiko Shimamori. Déjà quand il y a grammaire dans le titre et qu'on est en France, on sait qu'on n'est pas là pour rigoler. Les choses s'aggravent lorsqu'on feuillette et qu'on tombe sur un salmigondis de "prédicat" (= groupe verbal), "mot de qualité" (= adjectif). Pourquoi ne peut-on appeler un chat un chat ? Mystère. C'est peut-être plus juste d'un point vue linguistique, mais si cela s'adresse bien à de simples mortels, il eût été utile de traduire ce volapuk en français. Néanmoins, si l'on arrive à surmonter cette difficulté (et avec un peu de bonne volonté, on y arrive très bien), il faut reconnaître que c'est sans doute la meilleure ressource en langue française. Les explications sont assez claires (une fois qu'on a compris la terminologie utilisée), l'index est bien fait... bref, c'est tout de même un achat plutôt judicieux quand on veut travailler sérieusement.

Évidemment, vous pouvez aussi utiliser comme grammaire les innombrables livres qui préparent au JLPT. Néanmoins, les explications qu'ils donnent sont souvent assez courtes et je les trouve plus utiles pour réviser ce qu'on sait déjà, que pour apprendre ou approfondir ce que l'on ne connaît pas.

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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. En conclusion, je dirais que pour apprécier une bonne grammaire, il faut aimer la langue, pas seulement comme instrument de communication, mais en elle-même. Ce qui n'empêche pas de se servir de tous ces libres dans un but plus utilitaire ! では、また。

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Sachez que le japonais est une langue qui est trop éloignée du français pour utiliser une terminologie qui vient du français. C'est pourquoi, il est nécessaire d'apprendre une terminologie plus adaptée au japonais pour clarifier l'utilisation des outils syntaxiques. Sans cela les apprenants continuent de faire des erreurs énormes et surtout qui entravent une communication claire avec les Japonais.

Anonyme a dit…

Il est vrai que la distance entre le français et le japonais est grande mais il faut expliquer les différences avec des termes précis. C'est la raison pour laquelle toute une gamme de termes nouveaux doivent être expliqués comme, par exemple, particules enclitiques, copule, adjectif verbal, adjectif nominal....... C'est en voyant le fonctionnement interne de la phrase japonaise que l'on finit par comprendre que ces termes "techniques" deviennent peu à peu évidents. Il convient donc de ne pas se laisser rebuter par ces mots qui sont en apparence difficiles mais qui s'éclaircissent rapidement.

Tane a dit…

Bonjour,
Quant à un véritable apprentissage en autodidacte, conseilleriez vous le minna no nihongo (avec sa seconde édition) ? Ou plutôt Genki qui a également bonne presse ? Ou une autre méthode ?
Je me demandais comment et à quel rythme apprendre les kanjis ; pourriez vous éventuellement nous dire comment vous vous y êtes pris ?
Merci d'avance !!!

Lili a dit…

Bonjour, je ne connais pas Genki, mais j'ai déjà parlé de Minna no nihongo ici :http://sukinanihongo.blogspot.fr/2012/03/methodes-de-japonais-les-manuels.html

Quant à la façon d'apprendre les kanjis, j'y ai déjà consacré une page complète :http://sukinanihongo.blogspot.fr/p/les-kanjis.html

J'espère que cela répondra à vos interrogations.

Tane a dit…

Bonjour Lili,
Merci pou votre réponse !
J'ai la chance d'avoir les ouvrages de kunio kuwae et de pouvoir avoir toute la gamme minna no nihongo !
Et en ce sens j'ai le choix de l'embarras...^^
Je souhaite vraiment pouvoir lire des ouvrages, regarde des films et comprendre lors d'échanges avec des locuteurs japonais. Je pense qu'il faut faire des choix, voilà pourquoi je ne sais pas trop vers quels ouvrages me tourner afin de ne pas me disperser.
En terme de charge de travail, je peux y allouer 2 heures par jour, tous les jours car sincèrement déterminé.
Si je pouvais avoir votre avis là dessus je serai ravi !! :)
Au final, quel a été votre parcours d'apprentissage ? Car j n'ai pas clairement compris votre méthode (hors kanji) ; et quel niveau de jlpt avez vous ?
Merci en tous cas pour vos partage sur votre blog !!!

Lili a dit…

Bonjour, si vous avez les deux méthodes, utilisez les deux, soit alternativement (pour réduire la lassitude, avec 2h par jour c'est possible) soit successivement. Vous réviserez avec l'un ce que vous aurez vu avec l'autre et vos bases seront plus solides. A choisir, je commencerai par MNN, mais ça n'a pas d'importance, l'essentiel, c'est de commencer. De toute façon, ni l'un ni l'autre ne vous permettront d'atteindre directement vos objectifs, c'est un premier pas vers le reste. Ensuite il faudra regarder toute sorte de programmes pour la compréhension orale, lire toute sorte d'articles et livres pour la compréhension écrite, en notant ce que vous voulez retenir. Ma méthode a surtout consisté à m'orienter vers des supports qui me plaisaient et à pratiquer de cette manière. Pour le jlpt, je ne peux pas vous répondre, je n'ai pas de raison de m'imposer un examen aussi rébarbatif 😊. Je suis capable de faire les exos du N2, mais je ne sais pas si je réussirais l'épreuve avec chrono. J'ai perdu l'habitude de travailler avec ce genre de contrainte.